La bataille de la grande distribution contre l’inflation

inflation

Depuis 2020 et les crises successives : covid, explosion des tarifs de l’énergie, hausses des cours des matières premières, conflits armés (guerre en Ukraine). Les prix des produits de grande consommation, alimentation, hygiène-beauté, entretien, ont connu une inflation inédite.  

L‘inflation des produits alimentaires de 20 % à 25 % depuis 2022 n’ont pas été compensées par les revalorisations salariales ou celles des pensions. Ainsi, le SMIC n’a été revalorisé que de 12 % sur la même période. Les arbitrages budgétaires des ménages sont ainsi appelés à se poursuivre avec les conséquences que l’on connaît pour d’autres secteurs économiques. 

 

L’inflation dans les autres secteurs économiques en juin 2025 : 

  • Gaz : +34% 
  • Multirisque habitation : +11% 
  • Assurance transport : +9% 
  • Mutuelles santé : +7% 
  • Équipement de la maison : +4% 
  • Forfaits multimédias : +4% 
  • Banque : +2% 

 

Que fait la grande distribution face à l’inflation ? 

Face à l’inflation, la grande distribution reconstitue ses marges de façon encore limitée afin de limiter son impact sur les ménages. Dans le but de rester dans la course face à une concurrence forte, la grande distribution limite ses marges sur des produits d’appel tels que le jambon ou les produits laitiers, compensant de moindres marges, voire négatives, sur les rayons boucherie ou boulangerie. 

 

Le rôle de l’industrie agroalimentaire dans l’inflation des produits 

Depuis plus d’un an, Bruno Le Maire a régulièrement martelé que les entreprises faisaient tout ce qu’elles pouvaient pour limiter l’inflation des produits alimentaires et que les éventuels profiteurs seraient sanctionnés. Suite à son interpellation sur la base d’une note précédente de l’Institut La Boétie, il a finalement dû reconnaître que les grands groupes industriels de l’alimentation « voyaient leurs marges remonter ». 

Bruno Le Maire s’est en effet contenté de demander aux industriels de l’agroalimentaire d’accélérer les négociations pour faire baisser les prix, sous peine de rendre publique la liste de ceux qui ne jouent pas le jeu, et d’une vague menace de taxation. En vain. La grande distribution s’en sort quant à elle avec un panier anti-inflation qu’elle est libre d’organiser comme elle le souhaite et qui constitue pour le moment un véritable échec. 

Au bout du compte, le résultat est une inflation alimentaire qui dépasse 14 % sur un an et une baisse de la consommation alimentaire des ménages, en volume, d’environ 8 % entre début 2022 et début 2023. 

Malgré les annonces, les profits de l’industrie agroalimentaire continuent à être les premiers responsables de l’inflation. Le phénomène d’explosion des profits dans l’agroalimentaire n’est pas un facteur parmi d’autres de l’inflation mais bien son moteur principal. 

Dans la théorie économique standard, l’augmentation des prix devrait conduire à une baisse des volumes vendus, ce qui dissuade les entreprises de trop augmenter les prix. Dans la quasi-totalité des cas, plus les prix grimpent, moins les consommateurs achètent : c’est l’élasticité de la demande. Certaines entreprises disposent en effet d’un fort « pouvoir de marché », c’est-à-dire que leur situation (position dominante sur le marché, monopole ou quasi-monopole…) leur permet de relever et maintenir leurs prix au-delà du niveau de la concurrence. Pour elles, l’élasticité de la demande est donc déjà réduite. 

Les entreprises de certains secteurs ont ainsi toutes estimées qu’elles pouvaient augmenter leur prix sans perdre trop de volumes, annulant tout mécanisme d’ajustement des prix par la concurrence. Elles ont donc fait le choix de profiter de la situation pour justifier une hausse drastique des prix, aux fins de doper leurs profits. 

 

Certains acteurs de la grande distribution ont, eux aussi, augmenté leurs marges dès qu’ils le pouvaient, conduisant à généraliser encore davantage l’inflation sur les produits alimentaires. Ils ont ainsi pu continuer à choyer leurs actionnaires, et ont même augmenté les dividendes versés. 

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