Le Nutri-Score : Quel impact sur les ventes de produits alimentaires ?

Le Nutri-Score est un système d’étiquetage nutritionnel mis en place en 2017 dans le cadre d’une évolution réglementaire visant à faciliter la compréhension des informations nutritionnelles par les consommateurs. Son objectif principal est d’améliorer la santé publique en sensibilisant les consommateurs aux risques liés à une alimentation déséquilibrée, notamment les maladies cardiovasculaires, l’obésité et le diabète. Ce système de notation, allant de A (meilleure qualité nutritionnelle) à E (moins favorable), est aujourd’hui largement apprécié et soutenu par la grande distribution.
L’influence du Nutri-Score sur les ventes et la consommation
Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la qualité nutritionnelle des aliments qu’ils achètent. Selon une étude NielsenIQ, le Nutri-Score aurait un impact réel sur leurs comportements d’achat, favorisant la hausse des ventes des produits mieux notés, notamment dans certaines catégories alimentaires.
Des changements ont également été observés dans l’offre alimentaire et la composition des produits entre 2019 et 2021, notamment dans plusieurs pays européens ayant adopté ce système, comme la France, l’Espagne, la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Allemagne et plus récemment la Roumanie.
La volonté de la grande distribution de rendre le Nutri-Score obligatoire
Face à ces tendances de consommation, des enseignes de grande distribution militent pour l’adoption généralisée du Nutri-Score. Carrefour, par exemple, a demandé à ses fournisseurs de lui communiquer la notation de leurs produits sous trois mois, sous peine d’en informer explicitement les consommateurs en cas de refus. Michel-Édouard Leclerc avait déjà initié cette démarche en 2019, en affichant le Nutri-Score sur les produits vendus sur E. Leclerc Drive. Les articles pour lesquels la marque a refusé de communiquer la notation sont signalés par un point d’interrogation entouré des couleurs du Nutri-Score.
Bénéfices et limites du Nutri-Score
Le Nutri-Score est un indicateur basé sur des données mesurables et objectives. Toutefois, certains acteurs de l’industrie alimentaire critiquent son mode de calcul, qui ne prend pas en compte des éléments tels que les additifs ou la présence de minéraux dans les produits.
S’il permet de comparer des produits de même catégorie, il présente des limites lorsqu’il s’agit de comparer des produits très différents. Il incite néanmoins les fabricants à reformuler leurs recettes pour améliorer leur notation, favorisant ainsi l’innovation et l’amélioration de l’offre alimentaire.
Cependant, le Nutri-Score pénalise les produits issus des appellations d’origine contrôlée (AOC) et des appellations d’origine protégée (AOP), souvent riches et gourmands, dont la formulation est encadrée par des cahiers des charges stricts. Ces produits n’ont donc pas de marge de manœuvre pour améliorer leur notation.
Un affichage volontaire, mais en évolution
Bien que le Nutri-Score ait été adopté en France depuis 2016 dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé, son affichage reste basé sur le volontariat des fabricants. Actuellement, environ 1 200 entreprises, principalement des PME (95 %), ainsi que certaines grandes enseignes comme Carrefour, Leclerc et U via leurs marques de distributeur, ont choisi d’apposer le Nutri-Score sur leurs emballages. Cela représente environ 60 % du marché alimentaire.
Certaines entreprises reculent face aux évolutions du système. À partir du 31 décembre, une nouvelle version du Nutri-Score sera plus stricte sur les teneurs en gras, en sucre et en sel, ce qui entraînera des dégradations de notation pour certains produits, comme les céréales Chocapic de Nestlé, qui passeront de A à C. Par conséquent, l’affichage du Nutri-Score reste inexistant sur des produits comme le Nutella ou le Coca-Cola, en raison des craintes des industriels de voir leurs ventes impactées négativement.
Le Nutri-Score a un impact réel sur les ventes et la consommation, incitant les consommateurs à privilégier les produits mieux notés. Son adoption par la grande distribution et les fabricants témoigne de son importance croissante, bien que des résistances persistent, notamment dans les secteurs des confiseries et des produits soumis à des contraintes de formulation strictes. Alors que son application obligatoire est en discussion dans plusieurs pays européens, son évolution et son mode de calcul restent des enjeux clés pour l’avenir de l’industrie agroalimentaire et la santé publique.
