Les coopératives agricoles face à l’internationalisation et à la mondialisation des marchés

Les coopératives agricoles françaises doivent faire face depuis des décennies à des changements radicaux de leur environnement, des évolutions de la politique agricole commune en passant par la concentration croissante de la grande distribution.
Quelles sont les évolutions organisationnelles que les coopératives agricoles mettent en place pour faire face aux contraintes réglementaires et concurrentielles ?
Les coopératives ont modifié leur organisation en se complexifiant sous forme de groupes d’entreprises ou en diversifiant leurs activités. De nouveaux défis se posent alors aux coopératives agricoles. Si l’essor des coopératives ne peut désormais plus faire abstraction de la prise en compte du consommateur, ces dernières doivent également concilier les tensions liées à leur insertion sur les marchés et les territoires ainsi que la gestion de la volatilité des marchés et du développement durable.
Les mutations des coopératives s’opèrent dans un environnement toujours plus incertain
Les entreprises coopératives agricoles ont connu des transformations majeures. Ces mutations nous renseignent sur les réponses qu’elles apportent en écho aux bouleversements de leur environnement concurrentiel et réglementaire.
L’obligation de faire face aux évolutions de leur environnement réglementaire et concurrentiel
Ces restructurations organisationnelles sont issues des réponses volontaires ou contraintes aux perturbations et aux pressions subies par les coopératives.
Des évolutions liées à la PAC
Dès 1957, les 6 Etats fondateurs de l’UE ont voulu redresser la production agricole, moderniser l’agriculture, dans le but de fournir à la population une alimentation suffisante, à prix raisonnable, tout en garantissant un revenu équitable aux agriculteurs.
C’est ainsi que la Politique Agricole Commune a vu le jour dès 1962, une politique historique et fondamentale dans le projet européen.
Puis l’Europe est devenue une puissance exportatrice. Cette politique a ensuite beaucoup évolué pour répondre à de nombreux autres défis qui se posent à l’agriculture, comme par exemple le développement des territoires ruraux et la protection de l’environnement.
Les règles de l’OMC obligent les coopératives à se positionner à l’international
Les Accords de l’OMC sont longs et complexes car ce sont des textes juridiques portant sur un large éventail de domaines d’activité : agriculture, textiles et vêtements, activités bancaires, télécommunications, marchés publics, normes industrielles et sécurité des produits, réglementation relative à l’hygiène alimentaire, propriété intellectuelle, et bien plus encore. Cependant, un certain nombre de principes simples et fondamentaux constituent le fil conducteur de tous ces instruments. Ils sont le fondement du système commercial multilatéral.
Les défis et les perspectives d’évolution des coopératives
En termes d’enjeux à l’amont des filières, les coopératives sont confrontées à la diminution du nombre d’agriculteurs, à la pérennisation des bassins de production et à la volatilité des cours des matières premières (matières premières agricoles, pétrole…) comme de certains produits transformés, et donc des coûts de production.
La France comptait en effet 2,3 millions d’exploitations agricoles en 1955, contre 590000 en 2003. Suivant une tendance identique, la population active agricole atteignait 6,2 millions de personnes en 1955 (soit 31 % de l’emploi total en France), contre seulement 1,3 million en 2000 (soit 4,8 % de l’emploi total en France).
Au niveau du territoire, l’impact de l’agriculture a aussi diminué, passant de 72 % d’occupation du territoire français en 1950 à 59 % en 2003, au profit notamment des bois et forêts et des zones urbaines. Si le nombre d’exploitations agricoles a diminué durant le dernier demi-siècle, celles-ci ont également évolué vers des structures plus grandes et plus performantes.
Les défis du développement durable
En Europe, il faut sans doute davantage utiliser les usines de biocarburant comme un instrument de la politique agricole en cas d’excédents que comme un eldorado pour du pétrole vert. Il s’agit d’un enjeu pour les coopératives agricoles, mais aussi d’un enjeu sociétal. Les futures générations de biocarburants peuvent infléchir les positionnements stratégiques des coopératives. Le rôle et la responsabilité des coopératives demain seront plus déterminants qu’hier pour le maintien des activités agricoles et de l’emploi dans le complexe agro-industriel.
Les mutations des entreprises coopératives agricoles françaises reflètent celles de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Aujourd’hui, elles sont des acteurs incontournables des territoires et des filières. Cette analyse de leurs évolutions permet de mettre en évidence les enjeux auxquels les coopératives, mais aussi les autres entreprises agricoles et agroalimentaires, sont confrontées, notamment avec la monter en popularité de la transition alimentaire.
